Mon matériel

Mon matériel

 

Ce qui me distingue, vous le savez maintenant, c’est que je suis un triathlète handisport. Cela nécessite pour ma pratique le recours à divers matériels spécifiques : prothèses et fauteuil roulant. Cette rubrique leur est dédiée.

 

Mais je commence d’abord par mes prothèses de tous les jours. Cela vous permettra ensuite de vous rendre compte plus facilement des spécificités des autres prothèses.

 

Cette première prothèse est une vieille prothèse que j’ai longtemps utilisée dans la vie de tous les jours. Avec son genou à piston hydraulique et son pied carbone, elle m’offre un bon rendement pour la marche et me permet d’être à peu près à l’aise sur presque tous les types de terrain. Je ne l’utilise plus qu’en rechange lorsque la plus récente est en panne ou en révision (et oui, moi, j’ai des jambes que je peux faire réviser et qui sont même garanties pièces et main d’œuvre. Avouez que tout le monde n’a pas cette chance !) ou alors pour le bricolage et le jardinage (je ne crains plus, ni de la mouiller, ni de la salir).

 

Voici ma prothèse la plus récente. Le pied est du même type que sur la précédente prothèse. Par contre son genou est la Rolls des genoux. C’est le C-leg, une merveille de technologie. Il est truffé de capteurs électroniques qui enregistrent les paramètres de ma marche et du terrain et gèrent ainsi le piston hydraulique et les systèmes de sécurité (par exemple des freins qui contrôlent le genou dans les descentes pour éviter l’emballage). Quand je marche avec cette prothèse et que je suis en pantalon, on ne distingue quasiment plus mon handicap. Le seul hic, c’est que je dois penser à recharger sa batterie une nuit entière tous les trois jours. Et je n’ai pas intérêt à oublier, car quand la batterie est vide le genou se bloque.

 

Les pieds de ces prothèses sont assez sophistiqués. Ils sont constitués de plusieurs lames de carbone. A l’arrière, les lames amortissent le choc du pied sur le sol (et limitent les risques de traumatismes dorsaux). A l’avant les lames jouent le rôle d’un ressort en se pliant sous mon poids et en me restituant l’énergie ainsi emmagasinée. Les lames sont mobiles l’une par rapport à l’autre, de façon à compenser l’absence d’articulation à la cheville et permettre au pied de s’adapter au dévers. L’inconvénient de ces pieds pour la pratique sportive vient de l’un de leur avantage pour la marche. L’amorti des lames arrières est un confort évident en situation de marche, mais en situation de course, il constitue autant d’énergie absorbée qui ne m’est pas restituée par les lames avants. C’est pourquoi je n’utilise pas cette prothèse pour la pratique sportive. Voici donc maintenant mes prothèses de sport.

 

Je commence par la prothèse pour le vélo. C'est à la base une prothèse classique, mais sur laquelle j’ai apporté quelques petites modifications. Le pied est en carbone, sans doute très efficace en terme de restitution d’énergie, mais dans le cas présent, ce qui m’intéresse, c’est sa légèreté. Le genou est le même que sur ma vielle prothèse. Son système simple d’articulation autour d’un seul axe m’assure une régularité de pédalage. Mais je l’ai allégé de tout ce qui ne m’était pas nécessaire pour pédaler. En résumé, je l’ai tellement désossé pour n’en garder que l’essentiel, qu’il ne pourra plus servir à autre chose que pour le vélo.

 

La plus grosse particularité de cette prothèse vient de la posture donnée à l’emboîture (la cuisse de la prothèse, qui est creuse pour me permettre d’y enfiler mon moignon et de tenir la prothèse). La malformation congénitale qui m’a valu d’être aujourd’hui unijambiste a entre autres conséquences de rendre inconfortable voire pénible le maintien de mon moignon dans l’axe du pédalier. Pour y remédier, quelques rondelles en métal (voir photo) ont résolu le problème : la prothèse reste dans l’axe du pédalier et me permet de conserver un rendement maximum, mais permet de mettre mon emboîture en légère abduction (c'est-à-dire déjeté vers l'extérieur) et de rendre la position plus confortable.

 

Quand à ce boulon que vous voyez sur cette photo, sa fonction est très simple : il me sert à attacher la trifonction (pour les non initiés : la tenue de course) à la prothèse. Sans cela, je n'arriverais pas à tenir la prothèse et je risquerais de la perdre. Mieux vaudrait alors qu'il n'y ait pas de cardiaque à proximité !

 

Pour la course à pied, j’utilise deux modes de locomotion radicalement différents. En France, je peux toujours utiliser mon fauteuil roulant. C’est un fauteuil d’athlétisme plutôt haut de gamme, mais classique. J’ai juste fait modifier quelques barres de renfort pour avoir assez de place pour caser ma très grosse jambe (qui à elle seule est plus volumineuse que les deux jambes d’un paraplégique pour qui est d’ordinaire fait ce type de fauteuil).

 

Mais en compétition internationale, je n’ai plus le droit d’utiliser mon fauteuil et je dois courir. Je me suis donc fait faire une prothèse spécifique pour courir. C’est une prothèse avec une lame de carbone « en C » (en référence à la forme de ces lames qui évoque cette lettre). C’est ce type de lame qui a défrayé la chronique avec le sud-africain qui courre le 400 m plat aussi vite que les athlètes valides. Le rendement de ce type de lame est vraiment fantastique. Au point que je surnomme cette prothèse ma botte de sept lieues. En France, je vais désormais également utiliser cette prothèse pour la transition natation - vélo.

 

Le point commun à toutes mes prothèses est le type d’emboîture. Il s’agit d’un manchon de silicone souple soutenu par une armature solide constituée de fibres de carbone coulée dans de la résine synthétique.

Un point n’a pas été abordé : le vélo, qu’a-t-il de spécifique ? Et bien rien, c’est un vélo tout à fait normal. Voilà pourquoi je n’en ai pas parlé.

Voilà, vous savez tout. Si cette rubrique a suscité des questions, n'hésitez pas à me contacter !

 



     

Office National des forêts